Flash info

L'Assemblée Générale d' Appel Détresse initialement prévue le 10 avril 2021 est reportée au 25 septembre 2021 à Nantes en raison des mesures sanitaires.

 

Faire un Don

En savoir plus

Recherche

Statistiques

Visiteurs: 918818
Vous �tes ici: Accueil arrow AD dans le Monde
Centre NRJ - Madagascar - Tsaramasay
Energie a été créé avec les enfants des rues et le Père Vincent Chopart. Il accueille des jeunes en situation de rupture tout en mobilisant leurs savoir faire, dans une telle démarche le participatif est fondamental.

Tout a commencé il y a 20 ans, en 1987 quand un jeune Spiritain arrête sa moto, cheveux longs et blouson de cuir dans ces quartiers désignés comme dangereux. Le contact se fait avec des jeunes qui traînent, hors de leur familles, hors de l’école, du travail ou du logement.
Ils ne savent à quoi employer leur vitalité – leur Energie. La nuit ils couchent dehors apprivoisant leur peur par la débrouille.

Rien à « tirer des poches » de ce motard, et en plus, il parle malgache : on peut parler ensemble et faire des projets. Et c’est ainsi qu’en se complétant avec le savoir faire de chacun, tous ont compris que l’on pouvait mieux résister, être plus fort, plein d’énergie. L’essentiel c’est d’être simple, direct, vrai ouvert aux autres. A des amis qui en 2002 lui rendait visite le Père Vincent disait :
 « ..très vite j’ai cheminé avec ces jeunes sans toit ni famille qui survivent grâce à l’assistance ou la mendicité, j’ai cheminé avec eux pendant 4 ans d’une manière informelle. Ils m’ont appris le malgache et j’ai découvert l’entraide qui existait entre eux. Leur premier désir était de devenir comme les autres, d’accéder à une formation afin de gagner normalement leur vie. A l’époque, la majorité avait été scolarisée, à l’inverse de ceux qui entrent au centre aujourd’hui »

Très vite ils sont nombreux à rejoindre le noyau de départ et comme il n’est pas possible de développer une formation dans la rue, ils se mettent en quête d’un lieu de vie. On le trouve à Ambavamanda.

Démarré avec 15 jeunes, la première démarche fut de construire un simple abri pour ceux qui vivaient dans la rue et de remblayer un terrain vague sur le quartier d’ANDAVAMAMBA, (le trou au crocodile)  histoire d’être rassuré et pourtant traversé par un canal aux allures de décharge, ce lieu était considéré comme le quartier des grands voleurs.

« On a démarré le centre Energie dans une vieille maison toute délabrée qu’on a partagée, au début avec les rats et les cafards et toute la ménagerie inimaginable. Derrière il y avait des marécages et dès le départ le rêve d’aménager ces terrains pour en faire une ferme à émerger dans le groupe.. » Finalement Le Père Vincent illustrait bien avec ces jeunes qu’avec tous on peut tout. :« Pour retaper le bâtiment, dit-il,  les jeunes ont mis en commun leurs compétences en menuiserie, maçonnerie et même soudure qui n’étaient reconnues nulle part.  En partageant leurs connaissances ils ont mis en place un soutien scolaire. La philosophie du centre s’est bâtie  sur cette démarche de partage et de solidarité qui permet aux adolescents de devenir acteurs de leur propre vie.. » Et au travers de ces discussions la réflexion du prêtre-éducateur forge la pédagogie du Centre « C’est essentiel souligne-t-il, les jeunes de la rue mémorisent de l’échec dans le regard des autres, la démarche qu’ils ont entreprise au centre leur a permis  de mémoriser de la réussite. Si nous croyons en eux, ils finissent aussi par croire en eux. Ce changement de regard transforme leur vie.. »

Durant les premières années le centre s’autofinance, l’une de ses grandes réussites a été la conception , la réalisation et la vente d’un réchaud économique, réalisé avec l’aide d’un centre de technologie.
 « ce qui est extraordinaire souligne Vincent, c’est la manière dont les pionniers du centre sont restés proches des enfants des rues qui viennent au Centre Aujourd’hui. Le but du Centre n’a jamais été de former une élite, mais de travailler avec les jeunes les plus cassés par la vie. A mesure qu’ils s’en sortent, ils deviennent les personnes les plus aptes à accompagner les nouveaux arrivants comme accompagnateurs-éducateurs »

Deux religieux seulement sont là : le Père Vincent Chopart (ou Ra-vince pour les jeunes) et le frère Michel Crestin, mais tous les responsables sont des jeunes, soucieux de servir dans la cuisine, les ateliers (fer, menuiserie, poterie), le jardin, poulailler ; soutien scolaire et relations avec le quartier se développent. Entre 1987 et 1995, Energie ou NRJ (Nouveau Relais des Jeunes) s’enracine comme lieu de vie connu et reconnu, des jeunes formés au centre, y reviennent comme chefs de chantier et formateurs à leur tour. Les projets qui trottaient dans les têtes vont voir le jour et s’enraciner un à un : formation, gîte de nuit, initiation aux métiers de l’artisanat, animation sportive, alphabétisation, activités d’auto-financement, relais jeunes. Sans oublier la ferme qui à 50 km de la capitale du côté de Mahïtsy ouvre ses portes. C’est ainsi que sur un terrain de 40 hectares une quinzaine de garçons et de filles s’initient aux métiers de l’agriculture et de l’élevage dans un site entièrement construit par eux : bâtiment, captation de l’eau à la source en contre bas, poulailler, ruches.

Pendant 13 ans NRJ apporte sa spécificité lançant sur Tana un vrai partenariat avec les autres organisations en charge du volet des « 4 mi » jusqu’en 2001, année où le Père Ravince part pour d’autres missions avec les jeunes dans la banlieue de Paris. Il est remplacé par le Père Eloi, prêtre malgache.
« 4 Mi »Cette appellation qui semble remonter aux années quatre-vingt vient de la première syllabe « mi », commune à quatre mots sensés résumer les comportements typiques des sans-abri d’Antananarivo : mifoka (fumer), miloka (jouer), migoka (boire de l’alcool), milely ou mipoka (baiser, en argot). Selon C. Sambo (2001 : 176), cette formule rimée ancienne et définissant une vie de débauche a été légèrement transformée pour parler spécifiquement des sans-abri : midoroka (se droguer), miloka (jouer), misotro (boire) et mivaro-tena (se prostituer). Il propose deux autres graphies : katiramy et katramy. Une autre explication, moins péjorative mais moins répandue, serait que ces personnes vivent « sans quatre murs » pour les protéger.

Aujourd’hui NRJ continue d’offrir des ateliers de formation et de production pour une trentaine de jeunes qui vivent et dorment sur place. C'est également un lieu d'accueil et de formation, ainsi qu'un gîte de nuit pour les enfants de la rue (100 enfants y séjournent chaque année). L'équipe assure des animations et un suivi des enfants dans cinq quartiers (250 enfants suivis au centre ou dans la rue) ainsi qu'un journal mensuel (bandes dessinées) et un livret thématique trimestriel servant d'outil de formation.

Le principe fort d’NRJ est qu’ « il faut aider l'enfant à trouver sa place et lui donner une responsabilité dans le centre », car la responsabilité remet debout. C’est ainsi que parle le Père Eloi qui depuis 2002 poursuit la tâche. A quoi servirait-il de faire un bilan, quand on voit les regards et la somme des activités qui s’y réalisent au quotidien. Quelques chiffres cependant :
→ En 2005, 42 jeunes ont accédé à une formation et les ateliers de menuiserie et de poterie ont remporté un grand succès permettant de dégager des revenus grâce à la vente d'articles.

→ Pour 2006, différents projets sont envisagés notamment
- la restauration de chambres et de la bibliothèque.
- la formation de professeurs de musique.
- le lancement d'un cours de maintenance d'informatique.
- la réalisation d'un DVD, d'un studio vidéo et audio.


Ce sont bien toujours ces mêmes souffrances de gosse des rues que le Père entend :
« Sur les 41 jeunes du Centre 8 n’ont aucun parent. Nul besoin de dire que cela est un lourd handicap à porter pour chacun d’eux.. Ainsi la souffrance de ces jeunes pour lesquels le passé n’existe plus. »En effet lors des fiançailles, la coutume voulant que lors des kabary nuptiaux (discours prononcés par les parents des fiancés) on évoque le passé familial de chacun.
En ce jour de la mi-janvier, le Père revenait de l’hôpital suite à une opération d’appendicite d’un jeune. « Si je n’avais pas payé dit-il, c’était la mort certaine du jeune. »: coût de l’opération 1 million ½ de FMG soit 300.000 ariaris (120 €).
Mais au delà du  travail le Père Eloi insiste aussi sur les loisirs indispensables :
«  Parmi les activités récréatives du centre il y a une équipe de rugby qui évolue en 3ème division. Il y a aussi un apprentissage pour apprendre à donner gratuitement aux autres lors de séjour organisé sur la côte. (ex : fabrication de WC à TAMATAVE) » c’est une dimension sur laquelle insiste le Père Eloi..


 Parmi les réalisations à entreprendre de toute urgence, il y a un local détruit lors du cyclone.
de 2006 : et le Père de commenter  en ce janvier 2008 où le cyclone Yvan fait des siennes :
« ..L'orage, suivie d'une pluie de grêle mais également d'un grand tourbillon, a éclaté brusquement vers le milieu de l'après-midi. Des maisons aux toits arrachés, des rizières de plusieurs hectares détruites. Après un mois de répit donc, l'eau s'est déversée sur la capitale avec une rare violence. Le Centre NRJ n'a pas épargné de cette tragédie. La toiture de notre réfectoire et les chambres des jeunes s'est envolée. En revanche, Dieu, aucun blessé n'est à déplorer. Quand on pense que deux minutes avant la catastrophe, les jeunes étaient tous regroupé dans le réfectoire en train de regarder le CAN 2006. Heureusement il y a eu une coupure d'électricité. Tout le monde est sorti et c'est à ce moment là que la tornade est venue arracher la toiture.
Des débris de bétons sont tombés partout : sur les lits, sur les tables à manger. Une partie de la toiture est tombée derrière le réfectoire mais une autre s'est abattue sur les maisons de nos voisins à 20 mètres. C'est la première fois qu'un tel sinistre se produit dans le quartier d'Andavamamba. Actuellement, nous avons mis des bâches servant de lieu pour manger. Nous avons aussi interrompu les cours pour pouvoir tout arranger et trouver des solutions à ce problème imprévue. »

Mais des jeunes finissent d’enlever les derniers gravats et les projets de reconstruction sont avancés. Il y aura des salles de classe avec ordinateurs, et peut-être un studio d’enregistrement. Le coût de la reconstruction est évalué à 106.000 euros –75.000 sont déjà trouvés.
 
AD apporte un
soutien financier et  des dons en nourriture, vêtements, matériel scolaire, équipements professionnels (atelier menuiserie, électronique,...) Recherche de financement pour la reconstruction d'un batiment écroulé en 2005.
 
< Précédent   Suivant >